Talley’s Folly commence par un prologue dans lequel Matthew Friedman (Jerome Davis) dit au public (entre autres) que la pièce durera 97 minutes. Il explique également de manière amusante que, concernant la mise en scène, nous devrions tous être conscients que nous sommes assis dans une rivière ! Il a une façon de parler folklorique et relatable et raconte comment il a rencontré Sally Talley (Kelly Pekar) il y a un an, l’a ramenée à la maison après une danse et ils se sont retrouvés à la folie (un hangar à bateaux) au bord de cette rivière. Nous entendons Sally s’approcher et appeler Matt. Il explique soigneusement…

Évaluation



Excellent

Une reprise bienvenue d’une pièce qui n’avait pas été jouée à Londres depuis plus de quarante ans.

La folie de Talley commence par un prologue dans lequel Matthew Friedman (Jérôme Davis) dit au public (entre autres) que la pièce durera 97 minutes. Il explique également de manière amusante que, concernant la mise en scène, nous devrions tous être conscients que nous sommes assis dans une rivière ! Il a une façon de parler folklorique et relatable et raconte comment il a rencontré Sally Talley (Kelly Pékar) il y a un an, l’a ramenée chez elle après un bal, et ils se sont retrouvés à la folie (un hangar à bateaux) au bord de cette rivière.

Nous entendons Sally s’approcher et appeler Matt. Il explique soigneusement qu’il s’agit d’une valse. Les lumières de la maison s’éteignent et la pièce commence. Matt a écrit à Sally tous les jours pendant un an et Sally n’a répondu qu’une seule fois. Il a maintenant pris le temps de visiter et de voir quel est l’état de leur relation – s’ils en ont même une. Il y a un contraste frappant entre Matt et Sally et les deux interprètes le jouent bien. Matt s’est mis là-bas, lui parlant honnêtement et ouvertement, mais Sally est fermée et se cache derrière des murs (ou des coquillages comme les appelle la pièce). La force de Lanford-WilsonLe scénario de Davis et les performances de Davis et Peker nous permettent de comprendre et de nous identifier facilement à chaque personnage, nous attirant dans leur relation fragile mais crédible.

La folie de Talley couvre de nombreux sujets : racisme, richesse, immigration, réfugiés, guerre, peurs économiques et plus encore. C’est très naturel. Le script de Wilson est intelligent et pointu, ces sujets revenant au premier plan au fil de la conversation de la soirée. Il n’y a pas de lignes jetables; ils sont tous bien construits. Aucun problème ne semble exagéré, précipité ou entassé. La pièce se déroule en 1944, juste au moment où la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin, mais a été écrite en 1979 et il est frappant de voir combien de ces peurs nous hantent encore aujourd’hui. Matt raconte l’histoire de sa famille juive fuyant l’Europe avant la Première Guerre mondiale et cherchant refuge. Avec la guerre qui fait à nouveau rage en Europe, cela reste tout aussi pertinent.

Le décor (décors de Joël Sorenconstruit par Duncan Henderson et scénographe Franc France) mérite un éloge particulier. Il se trouve magnifiquement dans The Cockpit, et pendant le prologue, lorsque Matt nous fait remarquer de manière amusante que nous sommes assis dans la rivière, il n’est pas difficile d’imaginer les eaux qui coulent autour de nous. Le charmant petit bateau à rames maintient un écart entre Matt et Sally, accentuant parfois la distance qu’ils ont du mal à franchir.

Lors d’une séance de questions-réponses par la suite, il était intéressant d’entendre le réalisateur John Guley et les deux acteurs alors qu’ils parlaient de la performance légèrement différente chaque soir. A travers la scène et autour du bateau, ils ne sont pas collés aux repères ; ils ont la liberté de se promener et de sentir comment se passe cette soirée. Cela leur permet d’imprégner la pièce du sentiment de cette soirée, de suggérer peut-être un soupçon de connexion dans les relations des personnages à différentes étapes. Cette liberté témoigne du talent des acteurs et de l’équipe créative et de la confiance qu’ils se placent les uns dans les autres.

La folie de Talley n’a pas joué à Londres depuis plus de 40 ans. Le poste de pilotage et Compagnie de théâtre Burning Coal ont fait un gros effort ici. Une attente de 40 ans pour 97 minutes de belles performances – pile à l’heure.


Écrit par : Lanford Wilson
Réalisé par : John Gulley
Décor par : Joel Soren
Construction du décor par : Duncan Henderson
Art scénique par : Frank France
Produit par : The Cockpit and Burning Coal Theatre Company

Talley’s Folly joue au Cockpit Theatre jusqu’au 29 octobre. De plus amples informations et réservations peuvent être trouvées ici.



By 5int9